Qui prévoit de passer un long week-end à Turin à la fin de l’année 2026 pourrait bien avoir une agréable surprise. Le 13 juillet 2026, le maire Stefano Lo Russo s’est rendu sur le chantier du Borgo Medievale et a confirmé que la première phase des travaux de restauration serait achevée d’ici la fin du mois, après près de trois années de fermeture. L’un des lieux les plus emblématiques et les plus photographiés du parc du Valentino s’apprête ainsi à rouvrir ses portes, au moins en partie.
À première vue, il pourrait s’agir d’une simple information pratique pour ceux qui préparent un séjour de trois jours à Turin. En réalité, la réouverture du Borgo Medievale raconte une histoire bien plus intéressante. Elle dit quelque chose de la manière dont Turin regardait son propre passé à la fin du XIXe siècle, au moment où la ville cherchait à se réinventer après avoir perdu son statut de capitale.
Car Turin est une ville qui échappe aux définitions trop simples. Elle porte en elle l’héritage de la colonie romaine de Julia Augusta Taurinorum, celui de la première capitale du royaume d’Italie, de la ville des Savoie, puis de la grande aventure industrielle. Mais elle possède aussi une autre facette, plus discrète. Derrière ses interminables arcades, ses cours intérieures et les façades austères de ses palais se cache une ville qui ne se dévoile jamais entièrement au premier regard.
Trois jours suffisent à peine pour commencer à l’apprivoiser.
Turin en bref
- Durée idéale : 3 jours
- À ne pas manquer : le Musée égyptien, la Mole Antonelliana, la Piazza Castello et le parc du Valentino
- À goûter : les agnolotti del plin, le vitello tonnato et le bicerin
- Idéal pour : les voyageurs qui aiment l’histoire, l’art, la nature et la gastronomie
SOMMAIRE
- Turin, une capitale entre mémoire et modernité
- Le Musée égyptien et la Mole Antonelliana : deux étapes pour comprendre Turin
- Piazza Castello, le cœur de la Turin des Savoie
- Où manger à Turin : des piole à la cuisine piémontaise
- Entre le Pô, le parc du Valentino et les collines de Turin
- Shopping à Turin : le plaisir de flâner sous les arcades
- Turin by night : où sortir le soir
- Itinéraire de trois jours à Turin
- FAQ : visiter Turin le temps d’un week-end
Turin, une capitale entre mémoire et modernité
Turin est une ville qui change plusieurs fois de visage sans jamais effacer les précédents. Sous le tracé régulier de ses rues subsiste encore la colonie romaine de Julia Augusta Taurinorum. Sur cette structure ancienne, les Savoie ont construit leur capitale, avec de vastes places scénographiques et des palais baroques.
En 1861, avec l’unification italienne, Turin devient la première capitale du nouveau Royaume d’Italie. Cette période sera brève : dès 1864, le gouvernement est transféré à Florence, puis quelques années plus tard à Rome. Beaucoup de villes auraient été profondément affaiblies par une telle perte de statut. Turin, au contraire, choisit une autre voie, d’abord avec l’industrie, puis avec les musées, l’université et un patrimoine culturel qui, au cours des dernières décennies, a retrouvé une place centrale dans son identité.
C’est peut-être là sa qualité la plus surprenante : chaque époque a laissé son empreinte sans jamais faire disparaître les précédentes.
Le Musée égyptien et la Mole Antonelliana : deux étapes pour comprendre Turin
À Turin, on peut passer du tombeau d’un pharaon aux illusions du cinéma en quelques minutes seulement. C’est ce qui rend ses musées si fascinants : ils racontent des mondes très éloignés l’un de l’autre, mais ils naissent tous deux de la même volonté d’explorer, de conserver et d’imaginer.
Le Musée égyptien et le Musée national du cinéma sont deux étapes presque incontournables pour ceux qui découvrent la ville pour la première fois.
Le Musée égyptien de Turin
Celui de Turin est le plus ancien Musée égyptien du monde et le deuxième par ordre d’importance après celui du Caire. J’y suis entrée en pensant découvrir surtout de grands vestiges : statues, sarcophages, momies. Ce sont eux qui attirent immédiatement le regard, et ils sont évidemment présents. Mais ce ne sont pas forcément ceux qui me touchent le plus.
Prenons le tombeau de Kha. Ici, l’Égypte ancienne perd un peu de sa distance. Les objets conservés racontent des habitudes, un travail quotidien, le soin apporté aux choses simples de la vie. Ce ne sont pas des pièces spectaculaires au sens le plus immédiat du terme, mais elles possèdent une force particulière : elles montrent la vie quotidienne de personnes ayant vécu il y a des milliers d’années et les font, d’une certaine manière, revivre. C’est peut-être cet aspect que j’ai le plus apprécié dans ce musée.
Si vous le pouvez, visitez-le tôt le matin afin d’éviter l’affluence importante des visiteurs aux premières heures de l’après-midi.
Informations pratiques : Musée égyptien
Horaires :
Lundi 9h00–14h00 ; du mardi au dimanche 9h00–18h30.
Billets :
L’entrée est disponible exclusivement en ligne. Le billet plein tarif coûte 18 €.
À savoir :
Si vous visitez le musée le jour de votre anniversaire, l’entrée est gratuite. De plus, toutes les femmes bénéficient de la gratuité le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
La Mole Antonelliana et le Musée national du cinéma : le symbole le plus curieux de Turin

La Mole Antonelliana est sans doute l’image la plus reconnaissable de Turin. Avec ses 167 mètres de hauteur, elle domine la silhouette de la ville, mais son histoire est bien moins linéaire qu’on pourrait l’imaginer.
Mole Antonelliana : du rêve d’une synagogue au symbole de Turin
Née dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle comme projet de la communauté juive turinoise, elle devait accueillir une nouvelle synagogue. Le projet fut confié à l’architecte Alessandro Antonelli, dont elle porte encore aujourd’hui le nom. Les travaux commencèrent en 1863, mais l’ambition du projet fit rapidement dépasser les coûts prévus. En 1877, l’édifice passa donc à la ville de Turin, qui acheva sa construction pour en faire un espace public.
Musée national du cinéma : un voyage dans l’histoire des images
Depuis 2000, la Mole accueille le Musée national du cinéma. En parcourant ses cinq niveaux, on retrace l’histoire des images en mouvement : des premières illusions d’optique aux lanternes magiques, du théâtre d’ombres à la naissance du cinématographe.
La section consacrée à l’archéologie du cinéma est sans doute l’une des plus fascinantes, car elle permet d’observer le cinéma avant même son existence : le long chemin d’inventions, d’expériences et de curiosités qui a conduit au septième art. Parmi les photographies, affiches et objets ayant appartenu à de grands protagonistes du cinéma figurent aussi certaines pièces entrées dans l’imaginaire collectif, comme le chapeau melon de Charlie Chaplin et les chaussures de scène de Marilyn Monroe.
Le parcours s’achève par la montée vers la coupole, à pied ou en ascenseur panoramique : depuis le sommet, Turin apparaît dans toute sa complexité, avec la géométrie ordonnée du centre historique, le cours du Pô et les collines en arrière-plan.
Informations pratiques : Musée national du cinéma
Horaires :
Le musée est fermé le mardi. Du mercredi au lundi, il est ouvert de 9h00 à 19h00.
Billets :
Le billet plein tarif coûte 18 €, tandis que le tarif réduit est de 16 € pour les moins de 26 ans. Un supplément est prévu pour l’ascenseur panoramique de la Mole Antonelliana.
Piazza Castello, le cœur de la Turin des Savoie
S’il fallait choisir un seul lieu pour comprendre l’histoire de Turin en quelques pas, ce serait sans doute Piazza Castello. Ici se croisent plusieurs siècles d’histoire : le tracé de la cité romaine, la cour des Savoie, le baroque piémontais et cette Turin contemporaine qui, après avoir perdu son rôle de capitale, a dû réinventer son identité.
Palazzo Madama : de la porte romaine à la cour des Savoie
Au centre de la place se dresse Palazzo Madama, un édifice dont l’histoire se compose de plusieurs strates, presque comme un résumé de celle de la ville. Ses origines remontent à l’ancienne porte romaine qui marquait l’entrée de Turin ; transformé au Moyen Âge en forteresse, il devint ensuite l’une des résidences de la cour des Savoie. La façade baroque dessinée par Filippo Juvarra, élégante et théâtrale, dissimule ainsi un passé bien plus ancien que ses formes du XVIIIᵉ siècle.
Palazzo Reale de Turin : le centre du pouvoir des Savoie
Face à lui se trouve Palazzo Reale, la résidence principale des Savoie et le centre du pouvoir monarchique jusqu’à l’Unité italienne. Sa façade, sobre et ordonnée, laisse à peine deviner la richesse des espaces intérieurs : salons décorés, marbres, stucs et collections qui racontent la vie de l’une des dynasties les plus importantes d’Europe.
L’église San Lorenzo : le chef-d’œuvre de Guarini
Sur le côté occidental de la place apparaît l’église San Lorenzo, chef-d’œuvre de Guarino Guarini. Presque invisible au premier regard, dépourvue d’une façade monumentale, elle surprend dès que l’on franchit son seuil : son espace intérieur compte parmi les créations les plus originales du baroque piémontais. Sa coupole, construite selon un complexe entrelacement géométrique d’arcs, fait de la lumière un élément à part entière de l’architecture.
La Turin mystérieuse : symboles et légendes de Piazza Castello
Mais Turin est aussi la ville des symboles et des récits mystérieux, et Piazza Castello occupe une place particulière dans la tradition de la Turin magique. Selon certaines interprétations ésotériques, la place serait l’un des points où convergeraient les supposées énergies positives de la ville. Au-delà des croyances de chacun, cette dimension appartient pleinement à l’imaginaire turinois et ajoute une nouvelle couche de fascination à l’un des lieux les plus emblématiques de la capitale piémontaise.
C’est peut-être là que réside la véritable magie de Turin : derrière une apparence souvent austère, la ville cache toujours un autre niveau de lecture, fait d’histoires, de symboles et de contradictions.
Manger à Turin : des piole à la cuisine des Savoie
La cuisine turinoise possède le même caractère que la ville : elle ne cherche pas à se mettre en avant, mais elle révèle toute sa richesse à ceux qui prennent le temps de la découvrir.
Que manger à Turin : les spécialités de la tradition piémontaise
Pour comprendre véritablement Turin, il faut au moins une fois pousser la porte d’une piola, l’osteria traditionnelle piémontaise où la cuisine reste simple, profondément liée au territoire et éloignée de toute sophistication excessive. On y retrouve des plats qui racontent l’histoire de la région : les agnolotti del plin, le vitello tonnato, les anchois à la sauce verte, le bonet, accompagnés des vins des collines piémontaises.
Et puis il y a le chocolat, l’une des grandes passions turinoises : du gianduiotto, né au XIXe siècle, à la tradition des anciennes chocolateries du centre-ville.
Où manger à Turin : quelques adresses traditionnelles
Dans le quartier de San Salvario, vous pouvez essayer Barbagusto, via Belfiore, une adresse à l’atmosphère décontractée où retrouver certains des goûts de la tradition piémontaise.
Pour une expérience plus raffinée, dans le Quadrilatero Romano se trouve le restaurant Le Tre Galline, l’une des adresses historiques de la gastronomie turinoise, où la cuisine piémontaise est revisitée avec une approche plus contemporaine.
Même les voyageurs suivant une alimentation végétarienne, végétalienne ou sans gluten peuvent trouver des propositions intéressantes. Dans le centre historique, l’Antica Bruschetteria Pautasso propose des plats traditionnels avec quelques variantes adaptées aux différentes exigences alimentaires.
Entre le Pô, le parc du Valentino et les collines de Turin
L’une des surprises les plus agréables de Turin est sans doute son rapport avec la nature. Les visiteurs qui découvrent la ville pour la première fois se concentrent souvent sur ses palais, ses musées et ses grandes places baroques. Pourtant, il suffit de s’éloigner de quelques rues du centre pour découvrir un autre visage de Turin : les collines, le fleuve Pô et les anciens parcs qui dessinent une ville beaucoup plus verte qu’on ne l’imagine.
Monte dei Cappuccini : le plus beau panorama sur Turin
Depuis Piazza Vittorio Veneto, l’une des plus grandes places à arcades d’Europe, le regard est naturellement attiré par les hauteurs qui entourent Turin. Après avoir traversé le pont sur le Pô, on peut rejoindre le Monte dei Cappuccini, où se trouve le Musée national de la montagne.
Depuis la terrasse, le panorama offre l’une des plus belles perspectives sur la ville : lorsque le ciel est dégagé, les Alpes apparaissent à l’horizon tandis que Turin s’étend en contrebas, avec son réseau régulier de rues, ses palais et cette architecture ordonnée qui raconte encore aujourd’hui son passé de capitale.
Villa della Regina : la résidence des Savoie sur les collines de Turin
Il faut également prendre le temps de monter jusqu’à Villa della Regina, installée sur les hauteurs de Turin. Après la monumentalité des palais du centre-ville, le contraste est saisissant : cette résidence des Savoie du XVIIe siècle possède une atmosphère plus intime, conçue davantage pour les loisirs de la cour que pour les grandes cérémonies officielles.
Promenez-vous dans ses jardins à l’italienne, suivez les terrasses successives entre fontaines, rangées de vignes et perspectives soigneusement étudiées. Peu à peu, Turin semble s’éloigner et le bruit de la ville disparaît. Puis arrive le moment le plus spectaculaire : devant vous apparaissent la Mole Antonelliana, le centre historique et le cours du Pô, tandis que les Alpes dessinent l’horizon lorsque la lumière est favorable.
Le parc du Valentino et le Borgo Medievale : la promenade la plus agréable de Turin

En suivant le cours du Pô, on rejoint en moins d’une heure depuis le centre le parc du Valentino, le grand espace vert auquel les habitants de Turin sont particulièrement attachés. Entre allées bordées d’arbres, pelouses et vues ouvertes sur le fleuve, le parc conserve une atmosphère paisible et légèrement hors du temps qui en fait l’un des lieux les plus plaisants de la ville.
Et ne soyez pas surpris si, au détour d’une promenade parmi les arbres, vous croisez quelques écureuils curieux à la recherche de noisettes : ils font presque partie du décor.
C’est ici, au cœur du Valentino, que se trouve le Borgo Medievale, l’un des lieux les plus singuliers du parc et aujourd’hui l’un des plus attendus après sa fermeture. La première phase des travaux de restauration devrait s’achever fin juillet 2026, avec une réception prévue avant la fin de l’année. Avant de l’intégrer à votre itinéraire, consultez le site de la Ville de Turin afin de vérifier son ouverture effective. Si le Borgo n’était pas encore accessible, Villa della Regina reste la meilleure alternative dans le même secteur.
Le Borgo Medievale de Turin : quand le XIXe siècle imagina le Moyen Âge
En franchissant le pont-levis et les petites rues pavées, on pourrait croire entrer dans un village piémontais du Quattrocento, avec ses ateliers, ses maisons et ses cours intérieures.
Mais il faut garder à l’esprit une chose essentielle : ici, le Moyen Âge est une invention du XIXe siècle. Le projet du Borgo Medievale naît en 1882, à une époque où Turin, devenue récemment une ancienne capitale, cherche une nouvelle identité à l’occasion de l’Exposition générale italienne de 1884.
À l’origine, le Borgo devait être un simple pavillon consacré à l’art italien. L’arrivée de l’architecte portugais Alfredo d’Andrade, passionné par les architectures piémontaises et valdôtaines, transforme pourtant profondément le projet : le Borgo devient un véritable village reconstitué à partir de l’étude directe des châteaux, des églises et des anciennes constructions du territoire.
Pendant deux années, historiens, artistes et artisans reproduisent différents éléments architecturaux existants : la cour de la Rocca s’inspire du château de Fénis, tandis que la fontaine de la grenade reprend celle d’Issogne. Et c’est précisément cette part d’imaginaire qui fait aujourd’hui tout son charme : le Borgo Medievale raconte moins le Moyen Âge réel que la vision romantique que le XIXe siècle en avait construite.
Shopping à Turin : le plaisir de flâner sous les arcades
Je ne viendrais pas spécialement à Turin pour faire du shopping. Non pas que la ville manque de boutiques, mais parce que les grandes artères de la mode ont aujourd’hui tendance à se ressembler d’une ville européenne à l’autre : les mêmes vitrines, les mêmes enseignes, la même atmosphère internationale, parfois un peu interchangeable.
Cela ne signifie évidemment pas que le shopping n’a pas sa place dans le plaisir de découvrir Turin. Bien au contraire, flâner dans le centre, le regard attiré par les vitrines, est l’une des meilleures façons de ressentir l’atmosphère de la ville.
À Turin, cependant, le plaisir de la promenade compte au moins autant que celui de l’achat : sous les arcades, on observe la ville, on regarde la vie quotidienne se dérouler entre boutiques, cafés et palais historiques.
Les arcades turinoises, avec leurs kilomètres de galeries couvertes, sont nées aussi d’une nécessité pratique : se protéger de la pluie en hiver et du soleil pendant les mois les plus chauds. Mais avec le temps, elles sont devenues bien davantage. Elles sont le salon de la ville, le lieu de la promenade, des flâneries sans but précis, des rencontres imprévues, du plaisir de regarder et d’être regardé. Jeunes, familles et Turinois de toutes générations continuent aujourd’hui encore à les parcourir, transformant rues et places en une grande scène quotidienne.
Via Roma : le salon élégant de Turin

Via Roma
Via Roma, l’élégante artère qui relie Porta Nuova à Piazza Castello, est certainement la rue commerçante la plus connue de Turin. Mais son charme dépasse largement les vitrines. Il faut surtout la parcourir pour ses arcades monumentales et la perspective qu’elle ouvre entre Piazza San Carlo, Piazza Castello et la gare de Porta Nuova. Ici, je ne chercherais peut-être pas tant la boutique insolite — les grandes marques internationales ont désormais un visage similaire dans beaucoup de villes — que le plaisir d’observer la vie turinoise défiler sous mes yeux.
Via Garibaldi et via Po : une Turin plus quotidienne

Si vous souhaitez découvrir quelque chose de plus intimement lié à la ville, il vaut mieux poursuivre vers via Garibaldi et les rues voisines, où subsiste une Turin commerciale plus authentique, faite de boutiques indépendantes, librairies et petites adresses qui ont conservé un véritable caractère local. C’est un quartier plus vivant, moins policé, où faire du shopping devient aussi une manière de découvrir une ville faite de rencontres et de petits trésors cachés.
Une autre promenade intéressante mène le long de via Po, la grande artère bordée d’arcades qui relie Piazza Castello à Piazza Vittorio Veneto. La présence de l’Université a donné à cette rue une atmosphère particulière : entre librairies anciennes, étals, boutiques d’antiquités et petits commerces, elle conserve encore une âme jeune et légèrement bohème. Ici, le plaisir réside surtout dans la flânerie : s’arrêter devant une vitrine, feuilleter un livre d’occasion, découvrir au détour d’une boutique quelques fragments de l’histoire de la ville.
Turin by night : où sortir le soir

Après le dîner, Turin ne s’endort pas. Bien au contraire, c’est lorsque la nuit tombe que certains quartiers commencent à prendre vie : terrasses animées, musique, groupes d’amis qui passent d’un lieu à l’autre. La vie nocturne turinoise n’est pas concentrée en un seul endroit. Chaque quartier possède sa propre personnalité, et le choix dépend surtout de l’ambiance que vous recherchez.
San Salvario : le quartier de la vie nocturne
San Salvario est probablement le quartier le plus connu pour sortir le soir. À quelques pas de la gare de Porta Nuova, autrefois quartier populaire, il est devenu aujourd’hui l’un des secteurs les plus vivants de la ville : restaurants, bars à cocktails, lieux avec musique et cuisines du monde entier attirent chaque soir étudiants, jeunes Turinois et visiteurs. Les rues autour de via Baretti et via Sant’Anselmo comptent parmi les plus fréquentées lorsque arrive le week-end.
Quadrilatero Romano : entre ruelles et adresses du centre
Si vous préférez rester dans le centre historique, le Quadrilatero Romano offre une atmosphère différente : ruelles étroites, petites places, restaurants et bars où commencer la soirée autour d’un apéritif ou la prolonger jusqu’à tard. C’est un quartier où l’ancien et le contemporain cohabitent avec une simplicité toute turinoise.
Murazzi et Piazza Vittorio Veneto : Turin au bord du Pô
Pour ceux qui aiment rester dehors, les Murazzi del Pô demeurent l’un des symboles de la nuit turinoise. Les arcades qui longent le fleuve ont connu plusieurs époques de la vie nocturne locale et restent aujourd’hui encore un lieu de rendez-vous apprécié, surtout lors des soirées plus douces.
Et puis il y a Piazza Vittorio Veneto, l’un des lieux favoris des Turinois pour se retrouver. Avec ses immenses arcades et ses nombreux établissements donnant sur la place, c’est l’endroit idéal pour une soirée sans programme trop précis : un apéritif, quelques pas, un verre en terrasse.
Itinéraire de 3 jours à Turin : les incontournables à découvrir
Jour 1 – La Turin des Savoie
Consacrez cette première journée au cœur historique de la ville. Commencez par Piazza Castello, puis visitez Palazzo Madama, Palazzo Reale et l’église San Lorenzo, l’un des chefs-d’œuvre du baroque piémontais. Pour déjeuner, arrêtez-vous dans une piola du Quadrilatero Romano et, si vous n’êtes pas pressé le soir, restez dans ce même quartier pour prendre un apéritif : c’est l’un des meilleurs endroits pour ressentir l’atmosphère turinoise.
Jour 2 – De l’Égypte ancienne au cinéma
Commencez la matinée par le Musée égyptien, idéalement dès l’ouverture, lorsque les salles sont encore calmes. Dans l’après-midi, rejoignez la Mole Antonelliana et le Musée national du cinéma, puis accordez-vous une promenade sous les arcades du centre-ville. Pour la soirée, dirigez-vous vers San Salvario, le quartier le plus animé de Turin.
Jour 3 – Le visage le plus vert de Turin
La dernière journée est consacrée aux collines et au Pô. Montez au Monte dei Cappuccini et visitez Villa della Regina ; dans l’après-midi, promenez-vous dans le parc du Valentino jusqu’au Borgo Medievale, si celui-ci est de nouveau accessible au public. Terminez votre séjour aux Murazzi, sur les rives du Pô.
FAQ : visiter Turin le temps d’un week-end
Combien de jours faut-il pour visiter Turin ?
Trois jours permettent de découvrir le centre historique, les principaux musées et le parc du Valentino, mais Turin offre suffisamment de découvertes pour justifier un séjour plus long.
Le Borgo Medievale de Turin sera-t-il accessible en 2026 ?
Le complexe est actuellement fermé pour restauration. La première phase des travaux devrait s’achever fin juillet 2026, mais il est conseillé de vérifier les dernières informations avant votre visite.
Quelle est la meilleure période pour visiter Turin ?
Le printemps et le début de l’automne sont probablement les saisons les plus agréables. L’été offre de nombreux événements en plein air, tandis que l’hiver réserve de magnifiques panoramas sur les Alpes.
Où dormir à Turin ?
Pour une première découverte, choisissez un hôtel dans le centre historique ou entre Piazza San Carlo et Piazza Castello : vous serez à quelques minutes à pied du Musée égyptien, de la Mole Antonelliana et des cafés historiques. Si vous recherchez une ambiance plus animée le soir, San Salvario est le quartier le plus vivant, tandis que Porta Nuova constitue la solution la plus pratique pour ceux qui arrivent en train.
Que faut-il absolument goûter à Turin ?
Les agnolotti del plin, le vitello tonnato, les anchois à la sauce verte et le bonet font partie des spécialités emblématiques de la cuisine piémontaise à découvrir au moins une fois.
Turin est une ville qui refuse de se laisser enfermer dans un seul visage. Elle a été capitale, ville de cour, centre industriel et laboratoire culturel ; aujourd’hui encore, elle conserve toutes ces identités à la fois, souvent dissimulées derrière une apparence plus discrète que celle d’autres villes italiennes.
Trois jours suffisent pour en découvrir les lieux essentiels, mais probablement pas pour épuiser toutes les histoires cachées derrière ses palais, ses musées et ses quartiers. Au début de ce voyage, j’écrivais que Turin est une ville qui aime se dissimuler. Après trois jours, je le pense toujours. Derrière une arcade se cache une cour intérieure, derrière une façade austère une église au baroque surprenant, derrière un village médiéval une création du XIXe siècle. C’est peut-être là son plus grand charme : Turin ne se dévoile jamais entièrement. Elle invite à revenir, avec la promesse qu’il restera toujours quelque chose que l’on n’avait pas vu la première fois.
Il suffit de sortir du centre pour comprendre que la ville continue bien au-delà de ses avenues élégantes : sur les collines, en direction du Val de Suse, dans les châteaux et les abbayes qui entourent l’ancienne capitale des Savoie. La Sacra di San Michele constitue sans doute le point de départ le plus fascinant pour prolonger ce voyage.
Dernière mise à jour : juillet 2026


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